République du Congo: Du harcèlement sexuel à l’homosexualité il n’y a qu’un pas, confidences d’une religieuse stigmatisée suite à son orientation sexuelle

Histoire incroyable mais vraie ! Ça se déroule à Brazzaville, capitale de la République du Congo situé en Afrique Centrale.

Elle s’appelle Pascaline Chodel Pika Mutanda, religieuse catholique et professe depuis quelques années dans une congrégation internationale. Qui dit professe, dit qu’elle a émis des voeux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté. La concernée a préféré taire le nom de sa Congrégation pour des raisons de réputation.

En effet, la Soeur Pascaline Chodel Pika Mutanda exerce son apostolat dans la capitale congolaise. Pendant ce temps, elle entretient une relation d’amitié saine avec un prêtre catholique qui réside également à Brazzaville. Un bon jour, l’homme en soutane va l’inviter chez lui en vue d’un échange. Sauf que le prêtre va profiter de leur isolement dans son salon pour la forcer afin d’assouvir ses pulsions sexuelles. Chose qui ne va pas se réaliser, à en croire la religieuse, suite à son refus catégorique. Malgré le recours à ses biceps, le prédateur n’aura nullement raison sur sa victime. Depuis ce jour-là, « j’ai eu un dégoût des hommes. Et cet événement m’avait tellement traumatisée qu’elle a développé en moi une répulsion totale du monde masculin. Pour moi, les hommes sont des méchants », a déclaré la Révérende soeur Pascaline Chodel Pika Mutanda.

Du harcèlement à l’homosexualité

Dans ses confidences, la religieuse témoigne que c’est son dégoût prononcé des hommes qui a suscité en elle un attachement profond à ses semblables que sont les femmes et s’est transformé en sentiments amoureux.

« Bien qu’au couvent, j’ai commencé à partager mon intimité et mes secrets avec une fille de la cité dont je tais le nom. Elle m’est d’un apport vraiment considérable dans les moments de traumatisme que j’ai connus suite aux harcèlements de ce fameux prêtre qui avait voulu abuser de moi. Ce rapprochement a fini par me faire découvrir ma vraie orientation sexuelle où je me sens dans ma peau. J’ai dès lors compris que j’aimais les femmes plus que les hommes. Je me suis du coup lancée dans l’aventure bien qu’au couvent. Celle-là, je l’aime de tout mon coeur. Sauf que ma hiérarchie n’a pas tardé à le découvrir parce que mon amante vient régulièrement dans ma chambre et une fois, l’une de mes consoeurs est venue me surprendre, excusez-moi, en pleins moments d’intimité avec elle. Elle à mis la Supérieure au courant et depuis ce jour-là, les regards de tous les membres de la communauté ont changé envers moi et j’en souffre sérieusement. La soeur supérieure et moi en avons parlé à deux mais j’ai nié pour ne pas exacerber le climat malsain que je subis déjà dans la communauté, » a-t-elle affirmé.

Eu égard ce qui précède, à en croire la soeur Pascaline Chodel Pika Mutanda, sa hiérarchie n’a pas tardé à informer sa famille restée à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Depuis lors, sa famille ne la regarde plus d’un bon oeil et leurs relations se sont détériorées.

« Leurs (sa famille) appels téléphoniques m’ont traumatisée et continuent de le faire en moi. Aujourd’hui, j’ai tenté de me suicider. J’en ai pris conscience après l’intervention de mon amante. C’est sur ses conseils que j’ai au moins eu le courage, après plusieurs hésitations, de le dénoncer à la presse que vous êtes. Quel péché mortel ai-je commis pour subir un tel traitement? », s’est-elle interrogée ?

Rappelons qu’en Afrique l’homosexualité est perçue comme une maladie, une véritable déviation psychologique. D’où, le processus de sa pénalisation dans certains pays comme le Sénégal, le Cameroun (où l’homosexualité est assimilée à un crime) ou la République Démocratique du Congo où un député national a fait la proposition de son érection en infraction de droit commun. Dans cette partie du monde, avoir un membre de famille reconnu homosexuel relève de la totale honte, cela jette de l’opprobre sur la famille. Et ce membre n’a d’autre traitement à subir que la stigmatisation, le rejet total, le jugement, car il est même appelé démon.

Pour l’instant, la religieuse est encore au couvent où elle continue ses activités malgré elle. Par ailleurs, sa vie au sein de sa Communauté est devenue un calvaire et elle envisagerait même de jeter l’éponge. D’où, selon elle, son rapprochement vers la presse afin de l’aider à
lancer un cri d’alarme en direction des associations et organisations qui luttent en faveur de l’égalité de tous pour qu’elle sorte de ce calvaire et assume pleinement sa vie sexuelle, en dehors du couvent bien sûr.

Triste!

GBEKM

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