Le Général Kapend Irung Eddy, Commandant de la 22e région militaire en République Démocratique du Congo et Assistant à l’Université de Lubumbashi, vient de marquer les pas dans sa carrière académique. Assistant à l’Université de Lubumbashi, il a défendu son mémoire, dans l’amphithéâtre 1 de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, en présence du Recteur de l’Université de Lubumbashi, des autorités politico-administratives et des cadres militaires, en vue de l’obtention d’un diplôme d’études approfondies dont l’intitulé est: « Éthique et dilemmes du soldat dans une guerre asymétrique : une étude philosophique critique de la théorie de la guerre juste de Michael Walzer ».

En effet, à travers ce travail scientifique qui se veut actuel, le Général Kapend voudrait apporter une contribution intellectuelle majeure dans un pays où la guerre asymétrique a élu domicile depuis plus de deux décennies.


Diplômé du Collège des Hautes Études de Sécurité et de Défense à Kinshasa et assistant au Département de Philosophie, l’auteur a axé sa réflexion sur les évidences africaines, en général et congolaises, en particulier.
Le cœur de sa recherche interroge, pour ainsi dire, la possibilité de dépasser, ou du moins d’enrichir, le cadre théorique de Michael Walzer. Le Général Eddy Kapend soulève une question fondamentale : sur quels principes éthiques peut-on élaborer un modèle qui concilie l’obéissance au commandement, la loyauté de la solidarité combattante et le respect des normes de la guerre juste ?

Son hypothèse principale se déclinant en plusieurs points clés dont un cadre à réactualiser : « Si la théorie de Walzer constitue un socle normatif pour penser la moralité de la guerre, elle demeure historiquement indexée sur des conflits interétatiques symétriques. »
Le soldat comme » être-en-relation » : En situation de combat, le soldat n’est pas un sujet agissant isolément. Il agit collectivement pour l’efficacité de sa mission. Sa responsabilité doit donc être approchée selon de nouveaux paramètres.

Dans le quatrième chapitre de son étude, le chercheur s’est escrimé à combler l’aspect « impensé relationnel » de l’éthique classique. Il propose un déplacement du centre de gravité : ne plus voir le soldat comme un individu isolé, mais comme un être engagé dans des réseaux de dépendance, de loyauté et de vulnérabilité partagée.

In fine, devant un jury de sept membres, conduit à huis clos par le Professeur Ordinaire Jean-Marie Dikanga Kazadi, le Général Kapend Irung Eddy a obtenu comme mention « la plus grande distinction » car son mémoire a convaincu les jurés.
Ghislain Boba