Si pour certains le salaire est un droit indéniable, il n’en est pourtant pas question pour d’autres. C’est effectivement le cas des enseignants et fonctionnaires de l’État oeuvrant dans le territoire de Feshi, précisement dans le secteur de Ganaketi.
Nous sommes au village Kalenda, un grand centre regorgeant écoles et autres services de l’État. Ici, depuis plus de 9 mois, les enseignants et les fonctionnaires de l’État n’ont pas eu droit à leurs salaires. Pour cause, l’absence totale de la banque chargée de leur payer leurs dûs. Un enseignant de français et de latin à l’Institut Kalenda, Monsieur Talex Matabwasi, très malade depuis plusieurs mois, terrassé par la paralysie et incapable de se tenir debout, n’est pas épargné de cet état des choses. Il est contraint d’effectuer un très long et pénible voyage estimé à plus de 160 kilomètres (aller-retour/ Kalenda-Mawanga-Kalenda) à la recherche de son salaire ainsi que de sa carte bancaire, ce, après neuf mois d’arriérés de salaire que doit lui payer la banque EquityBCDC.

Comme cela est perceptible sur cette photo, sur cette distance, le mari est transporté au dos par sa propre épouse. Quelle abnégation !!!
Ici que l’image, ils arrivent au niveau de la traversée de la rivière Bakali, en direction du village de Kimfusa. Cette rivière marque la frontière entre les territoires de Feshi et de Kasongo-Lunda.
Précisons que les premiers 160 kilomètres, c’est simplement pour recevoir la carte bancaire. Le salaire proprement dit, il faut revenir sur Kenge pour le percevoir. Là, il faut encore franchir plus de 300 kilomètres. À l’aller comme au retour, cela fera 600 kilomètres. Quelle souffrance ! Qu’ont fait les enseignants de cette partie du pays pour mériter un tel calvaire? Est-ce du sadisme de la part de l’Etat ou une simple négligence ? Cette situation prouve à suffisance que l’État a l’abandonné ces prérogatives dans cette zone très reculée de la province du Kwango où se déplacer dans des conditions humaines est un luxe utopique. Les infrastructures aussi bien routières qu’immobilières sont inexistantes. Les citoyens restent abandonnés à leur triste sort.
Alors que tous les enseignants du Congo touchent facilement leurs salaires, pourquoi ceux du secteur de Ganaketi doivent-ils s’esquinter pour toucher les leurs comme si c’était une faveur ? Pour rappel, c’est depuis décembre 2025 que les citoyens de coin de la RDC n’ont plus été payés.
Bref, une solution idoine se doit d’être trouvée surtout pour le cas du professeur Talex Matabwasi qui accumule près de quarante ans de profession.
Ghislain Boba