RDC: le détournement se porterait à merveille aux hydrocarbures, Bandubola pointée du doigt dans la volatilisation de 6% de la parafiscalité

Les syndicalistes des Hydrocarbures accusent la Ministre Acacia Bandubola de détournement ce, chaque mois, d’une somme de 720.000 dollars américains de la parafiscalité «Effort de reconstruction et stock stratégique»

Via arrêté ministériel du 29 octobre 2025, publié au Journal officiel, la Ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, avait créé un «Comité de suivi et de gestion du stock stratégique» (CSGSS). Officiellement, cette structure doit sécuriser 60 jours de stock et «stabiliser les prix» des produits pétroliers. En réalité, dénoncent les syndicats, ce comité concentre les pouvoirs de décision, de contrôle et de certification financière entre les mains des ministres -une porte ouverte, selon eux, aux avantages indus.

Pour les organisations syndicales, cette manoeuvre se doit d’être dénoncée: prélever 6 % sur la parafiscalité «Effort de reconstruction et stock stratégique» pour financer des «primes» parallèles aux ministres et aux membres de la commission. Un taux six fois supérieur au 1 % laissé au collecteur officiel. Selon des sources internes, la taxe gérée par la Direction générale des douanes et assises (DGDA) génère 12 millions de dollars par mois; 6 % de cette somme représente 720 000 dollars mensuels. Autant d’argent que Bandubola et son fameux Comité de suivi captent pour eux-mêmes et injustement, fustigent les syndicalistes.

À l’issue de l’assemblée générale de fin janvier (résolutions transmises à la ministre le 30 janvier), la délégation syndicale du ministère des Hydrocarbures se lamente en ces termes: « Malgré l’intégration du ministère et l’augmentation des recettes pétrolières, les agents et cadres ne perçoivent pas la prime de motivation issue de ces recettes, alors que le comité, composé de 16 membres, bénéficie d’un subside équivalent à 6 % de la parafiscalité “Effort de reconstruction et stock stratégique”. Il est inadmissible que l’Administration des Hydrocarbures, pilier indispensable, soit victime de telles injustices, en contradiction avec la vision du Président de la République ».

Dans les coulisses, la menace d’une grève d’ampleur est brandie pour «dénoncer des détournements voilés des fonds publics». «Où sont l’IGF et l’APLC ?», s’insurgent les syndicalistes, brandissant les numéros des comptes bancaires ouverts chez Solidaire Banque pour bien contrôler cette parafiscalité. Il s’agit des comptes CDF/Zone Sud 00020 00010 33001402401-17; USD/Zone Sud 00020 00010 33001402402-14; CDF/Zone Sud domestique 00020 00010 3300140203-11; USD/Zone Sud domestique 00020 00010 33001402404-08; CDF/Zone Est Miniers 00020 00010 33001402405-05; USD/Zone Est Miniers 00020 00010 33001402406-02; CDF/Zone Est domestique 00020 00010 33001402407-96 et USD/Zone Est domestique 00020 00010 33001402408-93.

«Quel travail supplémentaire ce Comité de suivi accomplit-il que n’assurent pas déjà les administrations et les cabinets ministériels pour justifier de tels avantages?», se questionnenent les experts de l’administration, évoquant une mainmise dangereuse sur la chaîne « collecte–certification–décision » et alertant sur les conflits d’intérêts potentiels. «La même autorité conçoit les orientations, préside la coordination, valide les décisions et certifie les montants — une confusion des rôles qui sent le conflit d’intérêt et favorise le détournement», disent-ils.

Porte ouverte aux primes indues

En confiant conciliation et certification au CSGSS, l’arrêté Bandubola ferait du Comité de suivi une chambre de compensation de la parafiscalité. Sans garde‑fous clairs sur les frais de fonctionnement et les rémunérations, le risque d’«avantages indus» est réel, préviennent les syndicats. Pire : l’arrêté n’impose aucun audit indépendant. «Aucune obligation d’audit tiers, ni de recours à la Cour des comptes, ni de publication proactive des PV mensuels. «Quelle est la hauteur de la prime réservée à la ministre et à son collègue des Finances? Combien gagnent les autres membres du Comité? Qui les a désignés dans leurs services respectifs ? La “certification” interne ne remplace pas un contrôle externe», rappellent-ils.

Une structure aux allures redondantes et très coûteuses

À en croire les syndicats très irrités, les administrations des Hydrocarbures, des Finances et les cabinets ministériels sont déjà e’ possession des prérogatives nécessaires. Le CSGSS ne ferait que créer un doublon payant destiné à alimenter des primes et à renforcer un appareil parallèle.

Opacité, concentration du pouvoir, risque de pénurie, quo vadis?

La vitalité du stock stratégique est d’une évidence qui résiste à tous les assauts du doute. Mais, à l’entendement des syndicalistes et experts interrogés, l’outil choisi est bancal : centralisation politique, absence d’audit externe, confusion des rôles et porte ouverte à des rémunérations opaques. « Tant que la lumière ne sera pas faite, chaque franc parafiscal détourné de sa finalité — garantir 60 jours de carburant — sera un jour de pénurie potentiel. Un comité stratégique ne doit pas devenir un guichet de primes » insistent-ils, prêts et déterminés jusqu’à déclencher un mouvement de grève afin de faire obstruction à ce qu’ils qualifient d’un vol bien mis en place.

Arsène Mwanangani

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