La province du Mai-Ndombe, voisine immédiate de Kinshasa, devrait logiquement bénéficier d’une attention particulière dans les programmes nationaux de développement. Pourtant, la réalité est tout autre : elle demeure marginalisée, oubliée, et laissée pour compte par le gouvernement central. Cette situation est d’autant plus paradoxale que sa proximité avec la capitale devrait en faire un pôle stratégique de croissance et d’intégration nationale.
Une marginalisation persistante:
- Absence de représentativité : Les nominations aux postes de responsabilité se suivent et se ressemblent, sans qu’aucun ressortissant de Mai-Ndombe ne soit pris en compte. Cette exclusion systématique traduit une faiblesse géopolitique dans la répartition des responsabilités.
- Crise sociale : Les enseignants du territoire de Kutu sont en grève depuis deux mois, faute de salaires impayés depuis quatre mois. Cette situation illustre l’abandon des services publics essentiels et l’indifférence des autorités face aux souffrances de la population.
- Élus inactifs : Les députés nationaux comme provinciaux issus de Mai-Ndombe peinent à s’unir pour porter la voix de leurs électeurs. Des sorties médiatiques en solo teintées de populisme ne sauraient interpeller les autorités pour remédier à ce mal de plus en plus profond. Leur manque de synergie contribue à l’invisibilité de la province sur la scène nationale.
Un cri d’alarme pour la justice sociale
La redistribution équitable des richesses de la nation est une exigence incontournable. Il est inadmissible que des provinces entières soient privées de leur part de développement pendant que d’autres bénéficient de projets structurants. La géopolitique doit jouer son rôle dans la répartition des responsabilités afin que chaque province soit représentée et valorisée.

Appel aux autorités et aux ressortissants
- Aux autorités politico-administratives: Il est temps de prendre conscience de l’urgence. Mai-Ndombe ne doit plus être une province oubliée. Les infrastructures, l’éducation, la santé et l’économie locale doivent être intégrées dans les plans nationaux.
- Aux ressortissants de Mai-Ndombe : L’avenir de la province dépend aussi de ses fils et filles. Investir, promouvoir et défendre Mai-Ndombe est un devoir collectif. La diaspora et les élites locales doivent s’engager pour briser le cycle de marginalisation.
Comme nous ne cesserons de le dire assez, Mai-Ndombe est une province riche en potentiel, mais appauvrie par l’oubli. Sa proximité avec Kinshasa devrait en faire un moteur de développement, mais elle reste une zone de misère et de désespoir. Il est urgent que les autorités centrales corrigent cette injustice et que les ressortissants s’unissent pour redonner à leur province la place qu’elle mérite dans la République.
ERIC NOËL IZAMPOY MONSEMBULA