Le sélectionneur intérimaire des Reggae Boyz de la Jamaïque, Rudolph Speid, a accordé une interview exclusive à la FIFA avant les barrages intercontinentaux de mars, dans laquelle il parle de l’équipe de Sébastien Desabre.
Ce comptable devenu sélectionneur de la Jamaïque, parlant d’éventuelles arrivées de quelques joueurs en vue de renforcer son équipe, n’a pas lésiné sur ses outils mentaux pour mettre la sélection congolaise avec ses joueurs sur un piédestal.
Q/Avez-vous noué des contacts avec certains joueurs qui évoluent en Europe, comme Demarai Gray ou Leon Bailey, par exemple ?
Rodolph Speid : À la mi-février, nous aurons une idée plus précise sur les joueurs que nous tenterons d’utiliser, et nous les contacterons à ce moment-là. Vu mon parcours professionnel, vous ne serez pas surpris d’apprendre l’importance que j’accorde à la préparation. Nous planifions tout, d’aujourd’hui au 31 mars : chaque jour, chaque séance d’entraînement, les déplacements, etc…
Q/ Votre premier adversaire sera la Nouvelle-Calédonie. Avez-vous eu l’occasion de les regarder jouer ?
RS: J’ai regardé leurs quatre derniers matchs. Mais en vérité, tout le monde sait que regarder des matchs à la télévision, ça ne suffit pas. Il faut les voir en vrai. Vous pouvez apprendre tant de choses en observant une équipe de vos propres yeux. Donc ne nous la connaissons pas très bien. Si vous avez l’opportunité d’aller les voir jouer, nous le ferons. Je sais qu’ils ont battu Gibraltar 2-0 en octobre. J’ai la vidéo. Et j’entends dire qu’ils pourraient convoquer de nouveaux joueurs. Nous allons garder nos oreilles et nos yeux ouverts.
Q/ Avez-vous regardé le parcours de la RD Congo à la Coupe d’Afrique des Nations ?
RS: J’ai regardé tous les matchs ! Et je me suis déplacé pour assister à une rencontre. C’est une équipe très intéressante, qui possède un bon niveau. Ils ont beaucoup de joueurs qui évoluent dans les meilleurs championnats du monde. 22, je dirais !
Ça vous donne une idée de combien ils seront difficiles à jouer. C’est une équipe puissante et rapide, qui a un système déjà en place.*
Q/ À titre personnel, que représentait une première qualification de la Jamaïque pour la Coupe du Monde depuis 1998 ?
RS: Comme vous le savez, l’ouragan Melissa a frappé la Jamaïque [en octobre dernier, faisant de nombreuses victimes]. La moitié de l’île a été dévastée. Alors je pense qu’une qualification pour la Coupe du Monde redonnerait un peu le sourire à la nation. Car cet ouragan a été particulièrement destructeur. Des villes entières ont été rayées de la carte. C’est ça, la première a choisi qui me vient en tête. Mon cas personnel est très secondaire. Alors oui, je pourrais peut-être dire que je l’ai fait… Mais la vérité, c’est que je désire vraiment y parvenir pour le pays, pas pour moi.
Q/ Que représente cette équipe de 1998, pour vous et tous les Jamaïcains ?
RS: Il y avait vraiment de la joie dans l’air, et une vraie fierté nationale. Et il ya également eu un véritable boum touristique, car les gens voulaient voir à quoi représenter cette équipe de Jamaïque. Beaucoup de gens ont économisé pour faire les déplacements. Beaucoup de Jamaïcains vivent à l’étranger, parfois dans des conditions précaires, mais aller à une Coupe du Monde, ça peut leur redonner de la fierté pour des jours et des jours ! On était sur un petit nuage pendant des mois. Ça a énormément aidé le pays. En plus, ça a incité beaucoup de jeunes à jouer. Ces joueurs, ce sont leurs idoles. Et une nouvelle qualification pour la Coupe du Monde pourrait offrir une nouvelle génération.
Dircom Fifa/séminariste.cd