Guerre dans l’Est de la RDC: Huit mois après sa signature, l’accord de Washington évalué à 23% du taux d’exécution

C’est en date du 27 juin 2025 que la République Démocratique du Congo et son voisin rwandais, deux pays en conflit armé, avaient signé un accord de paix, à Washington la capitale des États-Unis d’Amérique, sous l’égide du président Donald Trump, donnant ainsi une lueur d’espoir en vue de la résolution d’une situation catastrophique qui a élu domicile dans la partie orientale de la RDC depuis trois décennies. Sauf que cet accord, à en croire le rapport d’évaluation publié le mardi 03 mars dernier par le Baromètre des Accords de paix en Afrique, son taux d’exécution des engagements plafonne à 23℅, maintenant ainsi la situation humanitaire décriée ci-haut dans un statu quo très inquiétant.

En effet, dans la perspective de rendre cet accord efficace dans son exécution, le rapport convie les USA à « renforcer la pression diplomatique sur les deux capitales (Kinshasa et Kigali) en demandant à la RDC d’accélérer les opérations ciblées contre les FDLR et au Rwanda d’amorcer la levée progressive des mesures défensives à la frontière « .

Étant donné que les mécanismes de mise en oeuvre sont en état de  » paralysie « , à en croire le Baromètre, la relance sans délai des réunions des mécanismes conjoints de suivi est vivement recommandée. Ainsi, sur une priorité de dix, les priorités essentielles que sont la protection des civils, l’aide aux vulnérables et le retour des déplacés sont évalués à deux et demi sur dix (2,5/10). Une note nettement en-dessous de la moyenne. Aussi, stipule le rapport, nonobstant les engagements pris sous la direction du pays de l’oncle Sam, les racines à l’origine du conflit demeurent. Plusieurs obstacles majeurs continuent de faire obstruction à la désescalade:

Hostilités actives : Les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs de l’Est de la RDC.

Statu quo militaire : La non-neutralisation des FDLR par Kinshasa et le maintien des mesures défensives rwandaises par Kigali bloquent l’application des clauses de sécurité.

Crise humanitaire : L’accès aux zones de conflit pour les agences de secours demeure entravé par les belligérants.

Eu égard à cette situation, la diplomatie suffira-t-elle seule à mettre un terme à ce conflit qui n’a que trop tué en RDC ?

Au dernier constat, si sur le terrain les choses tardent à décoller définitivement, le rapport signale par ailleurs des avancées significatives dans les différentes chancelleries occidentales. La médiation régionale ainsi que la pression internationale ont quand même permis d’annoncer une aide européenne de plus de 81 millions d’euros, des auditions marquantes au Congrès américain ont amené à des sanctions ciblées contre les responsables rwandais accusés de saboter le processus de paix. Une note positive mais insuffisante pour stopper la violence dans l’Est de l’ex-Zaïre.

D’où, l’appel à la responsabilité de chacun des acteurs majeurs dans cette crise entre deux voisins, a conclu le Baromètre des Accords de paix en Afrique.

Ghislain Boba

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