À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce 08 mai, au restaurant Faden House situé dans la commune de la Gombe, l’opposant et président du parti politique ECIDÉ, Martin Fayulu Madidi, a réagi aux propos tenus par le Président de la République, Félix Tshisekedi, lors de sa conférence de presse tenue le mercredi 06 mai 2026, à Kinshasa, précisément au chapiteau de la Cité de l’Union Africaine.
Reagissant à la question relative à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi ou encore à l’initiative du professeur Ngondankoy relative à sa proposition de loi sur le référendum, Martin Fayulu a qualifié toutes ces initiatives de « tentative de de coup d’État constitutionnel « :

_ » Dites à Félix Tshisekedi qu’il n’est pas plus fort que le peuple. Après Dieu, c’est le peuple. Qu’il l’accepte ou pas, en 2028, il partira. Autant que nous avons empêché Kabila d’arracher un troisième mandat, autant nous le ferons à son égard. Je me mettrai devant mon peuple en tant que son commandant afin qu’il ne franchisse pas la ligne rouge » à déclaré le numéro un de Lamuka.
Prenant la parole, le journaliste Ghislain Boba, éditeur du groupe de presse Séminariste.cd &Vision, a posé deux questions à Martin Fayulu Madidi:
« Monsieur le Président, l’ancien Président de la République, Joseph Kabila à été sanctionné par les américains et le Président Félix Tshisekedi regrette cette situation mais semble s’en satisfaire parce qu’elles sont les retombées de sa diplomatie. Quelle est votre opinion concernant ces sanctions? » Martin Fayulu de répondre:
« Norbert Basengezi est sous les sanctions américaines mais il a remplacé Modeste Bahati au Sénat. Donc les sanctions américaines n’ont rien à avoir avec Monsieur Tshisekedi. La politique américaine est la politique américaine. Ce n’est pas à commenter. Laissons les américains avec leur politique, occupons-nous de notre politique. Ils savent pourquoi ils l’ont sanctionné. C’est par rapport à leurs intérêts. Ils ne l’ont pas sanctionné parce que quelqu’un leur a dit de le faire. Ça ne marche pas comme ça. »
Quant à la deuxième question relative à la proposition de loi sur le référendum initiée par le professeur Ngondankoy qui pense qu’on ne peut pas laisser à la génération future un texte rigide et les bloquer, le Leader de la Coalition Lamuka n’a pas été tendre envers le député national :
« Allez dire au professeur Ngondankoy de revoir ses cours de droit. La Constitution des États-Unis d’Amérique, en plus de 200 ans d’existence n’a été retouchée que 27 fois. On a même pas imaginé la changer. Il y a des articles qu’on appelle des clauses éternelles du fait de leur intangibilité. C’est le cas dans les constitutions de l’Allemagne, de l’Italie…Et ici au Congo, il est des articles de la Constitution qu’on ne peut pas toucher. C’est le cas des articles sur le nombre de mandats du président de la République. »
Et de poursuivre: « Puisqu’il dit qu’on ne peut pas bloquer les générations futures, si demain les générations futures disent qu’elles veulent changer la République en monarchie, il faut les laisser faire ? Les États-Unis avec leur Constitution vieille de 200 ans n’arrivent pas à la changer parce qu’on a mis des clauses de blocage dans la façon de changer, il faut 2/3 au Sénat, il faut 3/4 au niveau des États. Donc tous doivent y participer. Mais chez nous ici au Congo et en Afrique, compte tenu de l’expérience que nous avons eue, des coups d’État, des gens qui s’éternisent au pouvoir, dans plusieurs pays. Si on devait penser aux générations futures, on devait créer des fonds souverains , on ne vole pas l’argent de l’État, on fait des fonds souverains de ce que la Gecamines et les autres sociétés minières produisent de telle sorte que quand les générations futures viendront, elles trouveront un pays bien gouverné. Dites à l’Honorable Ngondankoy d’aller regarder les droits comparés, voir ce qui se passe en Allemagne, en Italie et ailleurs pour comprendre pourquoi depuis son adoption, la Constitution américaine n’a eu que 27 amendements », a-t-il conclu.
Ghislain Boba