RDC-Assemblée Nationale: Effondrement et mort de plus de 30 exploitants artisanaux à la mine de Kalondo, Serge Nkonde Chembo dénonce un scandale et initie une motion d’information

Ce mercredi 28 novembre, lors d’une plénière qui s’est déroulée au palais du peuple, le Député National élu de la circonscription électorale de Sakania, province du Haut-Katanga, Serge Nkonde Chembo, a, conformément à l’article 87 du Règlement Intérieur de la Chambre Basse du Parlement, initié une motion d’information portant sur les derniers événements survenus à la mine de Kalondo, située à 42 kilomètres de Kolwezi, dans la province du Lwalaba, où plus d’une trentaine des citoyens congolais ont perdu la vie suite à la méconduite des militaires présents sur le site.

Comme dans ses habitudes, celle d’être aux premières loges lorsqu’il est question de défendre les intérêts de la population, le Ministre honoraire des Sports et Loisirs, aujourd’hui élu et représentant légitime du peuple à l’Assemblée Nationale, n’a pas été euphémique pour dénoncer un usage excessif et disproportionné de la force vis-à-vis des exploitants artisanaux sans défense ayant occasionné des dizaines des morts. Chose qu’il qualifie de scandale.

« …En date du 17 novembre 2025, il y a eu effondrement de la mine de Kalondo située à plus de 42 kilomètres, au sud-est de Kolwezi. Avec comme conséquence, la mort de plus de 35 exploitants artisanaux qui vivaient principalement des retombées de l’exploitation artisanale de cette mine. Honorable Président, Honorables Membres du bureau, chers collègues, cette mine appartenait initialement à l’entreprise Chemaf. Celle-ci avait cédé ladite mine aux exploitants artisanaux en attendant qu’elle reprenne les activités normalement. Pendant qu’il y avait une centaine d’exploitants sur cette mine, il y a eu un groupe d’hommes très bien identifiés accompagnés ou soutenus par un groupe d’hommes en uniforme, c’est-à-dire des militaires qui se sont aussi investis dans la même mine avec des chinois, avec intention de déloger nos compatriotes afin d’exploiter cette mine de force », a déclaré le Député National. « Vu ce tiraillement, les militaires et autres éléments de sécurité qui se sont investis, se sont autorisés à tirer sur des paisibles citoyens jusqu’à tuer trois (3) exploitants artisanaux. Les autres miniers, après avoir vu leurs collègues tomber parce qu’abattus par balles réelles, se sont mis à courir en débandade jusqu’à casser le pont qui avait été érigé par eux-mêmes, créant ainsi un éboulement qui a causé plus de 35 personnes. Pendant que je vous parle, estimés collègues, la province du Lwalaba dans le Grand Katanga est endeuillée. Les tensions jusqu’ici vives entre les deux parties ont été exacerbées par le contrôle exercé par les militaires sur les creuseurs artisanaux avant tout accès au site d’exploitation ayant accentué des tirs à bout portant. Paniqués, comme je l’ai dit, plus de 35 creuseurs sont morts, «  a-t-il martelé.

En vue d’avoir toute la lumière sur ce qu’il continue d’appeler  » scandale inadmissible », le Premier Vice-président du caucus des députés du Grand-Katanga ne s’est pas limité à dénoncer et condamner, maisl il fait des recommandations et proposé des résolutions :

« … Fort de ce qui précède, je soumets à la représentation nationale les résolutions et recommandations éventuelles ci-après : »

  1. À l’Assemblée nationale:
  • initier ou mettre en place une mission d’enquête parlementaire pour recueillir des amples détails sur les incidents et conséquences de l’effondrement de la mine de Kalondo, à Kolwezi et ce, conformément aux dispositions pertinentes des articles 210, 211 et 212 du Règlement Intérieur.
  1. Au Gouvernement de la République:
  • Interdire et prendre des mesures coércitives contre la présence des militaires dans les sites d’exploitation artisanale;
  • Enquêter sur les circonstances ayant causé l’effondrement de la mine de Kalondo et la mort de plus de 30 creuseurs artisanaux;
  • Poursuivre les auteurs et co-auteurs de l’effondrement de la mine de Kalondo parce qu’ils sont connus et cités. Ce sont des acteurs qui viennent de Kinshasa et localement de Kolwezi;
  • Renforcer les capacités opérationnelles et techniques de la police des mines pour une meilleure supervision de la sécurité sur les sites miniers d’exploitation artisanale;
  • contrôler les activités d’extraction et la lutte contre les tracasseries, les nuisances et d’autres dommages liés aux activités de l’exploitation artisanale;
  • enfin assurer un meilleur encadrement suivi et contrôle technique des activités d’exploitation artisanale des substances minérales.

Une motion d’information qui tombe à point nommé étant donné que plusieurs familles congolaises se trouvent être affectées par ce drame évitable.

Ghislain Boba

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